Avant-projet de loi 4D et missions de service de la médecine scolaire : NON au transfert !

L’avant-projet de loi dit « 4D » va être soumis en Conseil des ministres début février. Il prévoit un transfert de l’ensemble de la médecine scolaire aux départements. La ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, Jacqueline Gourault, a annoncé que « le texte prévoit de leur transférer (aux départements) les services de médecine scolaire ».

La circulaire du Premier ministre du 15 janvier 2020 évoquait déjà : « un scénario de décentralisation de la santé scolaire s’entendrait : sur la totalité du champ, médecins et infirmières, y compris donc dans les établissements scolaires, […], sur les premier et second degrés… » Cela signifie un retrait de la mission avec un impact pour les CMS, dans les DSDEN et rectorats, en termes d’emplois et la fermeture des services de promotion de la santé en faveur des élèves.

Parce que nous pensons que ces missions doivent rester pleinement au sein de l’éducation nationale, pour des raisons de cohérence et d’intervention, le SNASUB-FSU demande au gouvernement de renoncer à ces transferts de missions.

Nombre de collègues nous expriment leur inquiétude de ces dispositions envisagées. Le SNASUB-FSU répond présent !

 


En novembre 2020, notre mensuel Convergences publiait un article sur la situation des centres médico-scolaires. Nous avons reçu des messages de collègues affecté-es en CMS. Nous en publions un qui exprime de manière emblématique leur situation professionnelle.

Témoignage d’une secrétaire de centre médico-social

” Bonjour,

Merci pour l’article ! C’est en effet bien ce que l’on ressent au sein des CMS :

  • Le manque au niveau du personnel (un médecin pour 10 000 élèves et un 50% de secrétaire) mais de plus en plus la secrétaire peut avoir 3 voire 4 médecins sur 2 lieux différents. Il y a 15 ans, les médecins avaient des secteurs plus petits, 1 secrétaire 100% et une infirmière. Sur des secteurs sans médecins, la secrétaire doit gérer les demandes et les dispatcher sur 7 médecins (la secrétaire de L. (nom d’une commune) l’année dernière a demandé sa mutation tellement écœurée par le manque de reconnaissance d’un travail compliqué et trop dense pour un 50% si on veut tout suivre, et cette année on remet une contractuelle à 50 %…
  • On a aussi des conditions de travail compliquées au niveau matériel (car nous dépendons des mairies). Dans mon CMS, nous avons trois pièces dédiées dans le pôle administratif d’une école, imbriquées entre salle de photocopie de l’école, le bureau de la directrice et salle de réunion des enseignants, a D. (nom d’une commune) le CMS est dans un lycée…
  • On doit gérer selon le bon vouloir des mairies (qui ne savent pas tout le temps ce que l’on fait), ordinateur trop vieux, manque de matériel, locaux peu adéquats… On doit toujours pleurer, réclamer, c’est stressant, usant. À force de pleurer le rectorat a réussi à fournir à certains CMS des ordinateurs et imprimantes/scanner (MAIS la recharge d’encre coûte 190€ pour les nouvelles imprimantes (la mienne a tenu 5 mois travaillés), donc un coût moyen de 390€ par an. Le budget octroyé par les mairies tourne autour de 500 euros par an pour tous les consommables de fonctionnement du CMS (…).

Nous ne sommes que peu de secrétaires, 6 dans notre département, pour moitié des contractuelles. Il n’y a pas assez de réunions entre secrétaires pour échanger sur nos pratiques qui sont bien spécifiques. On est isolées.
Par contre, on tient, parce que les médecins savent ce que nous faisons, et si on n’a pas la reconnaissance ailleurs, on l’a au moins de la part de nos médecins qui subissent également tout ce dysfonctionnement.”